Il pleut des cordes sur le génie de la place de la Bastille.

Profitons de l’ère ou de l’air du changement pour se remotiver. Ne me dites pas que vous ne lisez plus, que vous ne pensez plus, que vous ne vivez plus !

Alors si vous vivez encore (bordel) criez le ! Ecrivez le !

Si c’est parce que vous n’avez pas d’idées voici une selction :

- Devant la parole, Novarine

- La ville, Claudel

- C’est tout, Duras

-Bel ami, Maupassant

Reveillez vous !

La parole muette

Novarina dit qu’il faut décortiquer les mots.

Parfois “entendre” le mot (quand on est spectateur) n’est pas primordial. L’important, il me semble est que l’acteur sente le parcours de ce mot dans son corps. Si le spectateur n’entend pas précisément le mot il en comprendra cependant le sens profond, l’idée du mot.

Je pense soudain à un exercice qui pourrait être interessant. Chacun choisirait d’abord un mot. Il le dirai longtemps pour lui même, seul dans le théâtre. Une fois que le mot aurait prit toute sa place en lui les autres pourraient revenir dans le théâtre. Alors, Le comédien dirait à nouveau son mot mais sans bruit. On verrai seulement le mouvement du corps (pas d’excès, le simple mouvement du souffle et de l’impulsion) et les lèvres bouger.

Quand tous les comédiens auraient effectué ce travail nous accederions au deuxième temps de l’exercice. Un dialogue de muet s’installerait entre deux comédiens ou plus. Les spectateurs, en principe, devraient sentir (sentir et pas comprendre comme on comprend une équation) de quoi il s’agit.

A essayer.

Paris, Place de la Bastille, le 18 Mars 2012.
” A chaque fois que nous serons plus humains, nous rendrons la société meilleure.”
                                                                                                          JLM

Paris, Place de la Bastille, le 18 Mars 2012.

” A chaque fois que nous serons plus humains, nous rendrons la société meilleure.”

                                                                                                          JLM

NE LAISSONS PAS LE VIDE SE FAIRE

NE LAISSONS PAS LE VIDE SE FAIRE

Scenario pour serie

Scénario (brouillon 1)

Personnages de la séquence : Merce, Louis, Emmanuelle, Jeanne

Lieu : le théâtre d’un établissement scolaire

-o-

Séquence 1.

Lors de répétitions, Merce s’arrête de jouer. Sans rien dire, on comprend que le jeune essaie, avec peine, de concilier cours et création, de chercher sur les deux plans. La séquence fait ainsi se concilier deux « scènes de travail » où se lisent les fractures du personnage.

Louis – Précisément, qu’est-ce que tu dis quand tu dis « Tu ne penses pas que c’étaient là les derniers éclairs ? » ?

Merce demeure silencieux.

Louis – Tu dis à la fois, en tant que Pierre-personnage : il y a eu des éclairs mais toi, Maria, tu penses qu’il y en aura encore. Mais pour nous, tu dis aussi : il y a eu un adultère et toi, Maria, tu penses qu’il y en aura encore, c’est-à-dire que tu sais, toi, ma femme, que je vais te tromper encore. Tu vois c’que j’veux dire ? Et c’est ça l’enjeu : il faut qu’on entende ces deux dimensions, sans pour autant que toi, Pierre-personnage, tu sembles les comprendre. Et encore moins que toi, Merce-comédien, tu nous montres que tu comprends ça ou que tu nous montres que tu veux dire ceci ou cela – enfin, c’est acquis pour tout le monde cette idée, mais est-ce que tu sens vers où on peut aller avec cette réplique ?

Merce – Oui, oui.

Louis – J’sais pas, les autres, vous en dites quoi ?

Noa – Non mais si, on voit très bien.

Louis – Je sais q’c’est compliqué… Moi-même j’aurais du mal à le faire. C’est évident. (Temps.) Évident que c’est compliqué. On reprend ?

Emmanuelle – À « Tu n’as fait que regarder ce temps, Maria ? » ?

Louis – Oui, comme vous voulez. Oui c’est bien, ça suit la double-voix…

(Silence.)

Emmanuelle – Merce ?

Merce(tournant la tête brusquement vers Emmanuelle) Oui… (Temps.) Tu n’as fait que re-

Louis – Vous voyez même là – je suis désolé, je t’arrête, mais il faut absolument qu’on se dise tout sur les répliques. Même là, ce qui est dit vient chercher la pièce entière –

Merce – Je vais aux toilettes.

Louis – Ca vient chercher l’adultère encore parce que, si elle répond oui, ça signifie pour Pierre qu’il est sauvé, tu comprends ? Et en même temps, de manière métalittéraire, on a là une réflexion sur Maria qui est à la fois une narratrice, un personnage et parfois, surtout, un regard. Ce qui décline encore le personnage. Mais je ’sais toujours pas comment ça peut passer.

Peu à peu, on entend de moins en moins Louis car on suit Merce allant aux toilettes. Merce s’arrête devant une porte et, au lieu de l’ouvrir, pose sa tête contre celle-ci. Ce moment doit être constitutif de l’intériorité qu’on prête à ce personnage en particulier. Les images ne doivent pas être trop signifiantes pour que le spectateur puisse imaginer ce qui se passe à l’intérieur. Pas trop de signes extérieurs de fatigue ou d’épuisement, de colère ou quoi que ce soit. Justement, ces moments « à bout » sont constitués d’un réseau de sensations difficilement réductibles. Merce se redresse, reste debout dos à nous dans ce long couloir, puis s’en va vers le fond de celui-ci mais on ne voit que quelque pas de cette « sortie ».

Plan suivant : Jeanne s’approche de ce couloir.

Jeanne – Merce ?

Merce a déjà eu le temps de quitter le couloir. Jeanne traverse le couloir comme on s’imagine que Merce l’a traversé. Mais on voit ici le parcours complet. Elle débouche dans le parking. Elle aperçoit Merce au loin.

Jeanne – Merce ?

Il se retourne. Elle ne le comprend pas. Sa première réplique correspond à une réplique du texte qu’ils sont en train de répéter (réplique de fin de pièce).

Merce – « Elle sait tout. Viens. »

Jeanne« Tu crois ? »

Temps.

Pause.

Silence.

Jeanne – « Tu ne m’aimes pas ? »

Merce – « Je t’aime. J’ai aimé Maria. Et toi. »

(Le texte original comprend : Maria (aparté). Je suis morte dans les blés, saoule et riante.)

Merce – « Vite. Viens. »

Jeanne amorce un pas : on doit sentir ici qu’il y a ambiguïté entre la partition du personnage que joue Jeanne – qui ici ne peut se livrer à Merce-Pierre – et celle de Jeanne qui souhaite rejoindre Merce. N.B. Il n’y a pas forcément d’amour entre les deux.

Jeanne –(criant). « Tu n’aimes plus Maria. Rappelle-toi, tu n’aimes plus Maria. »

Merce – « Je ne sais pas. Ne pleure pas, ne pleure pas, Claire. »

(Le texte original comprend : Maria. Morte dans les blés, Maria ? Avec sur le visage, un rire arrêté dans sa course, la rigolade au plus fort d’elle-même ? Rigolade solitaire de Maria dans les blés.)

Jeanne – « Mais qu’est-ce qu’il y a ? Pierre, Pierre, parle-moi. Maria avait besoin de moi, elle voulait que je couche avec toi. »

Merce – « Non ! Je t’aime. Ne crains rien. »

Emmanuelle – « Ah, que j’ai bien dormi ! »

Jeanne demeure pétrifiée, n’ayant pas entendu l’arrivée d’Emmanuelle qui « joue le jeu » et a donc entendu ce qui s’est passé là, peut-être, entre les deux – qui sait ? Merce s’en va. Emmanuelle et Jeanne restent toutes les deux dans le parking. Elles se regardent. Il n’y a pas de lutte entre les deux ; Merce n’est pas à s’arracher. Il n’y a entre elles que la compréhension de la possibilité de se perdre, soi, là même on se retrouve. La possibilité de s’y perdre – au jeu. Elles retournent silencieusement dans le théâtre, récupèrent leurs affaires, montent les escaliers et ouvrent la porte donnant sur le couloir…

Séquence 2.

Aux couleurs sombres régnant dans l’espace du théâtre et du parking, tranche la blancheur de jour du couloir de l’établissement. De nombreux passages. Discussions en chemin.

Louis – Il est parti ?

Emmanuelle – Parti.

Louis aborde une discussion très sérieuse mais un peu incongrue et qui laisse Emmanuelle et Jeanne interloquées.

Louis – Statistiquement, quand on y pense, il devrait y avoir un scatophile dans l’école, non ?

Silence. Louis réfléchit en même temps qu’il parle.

Louis – Quoi que, c’est quand même une maladie… Ou un pédophile. Par exemple, Clément le Fou, ça ne m’étonnerait pas qu’il ait violé sa cousine quand il avait 14 ans…

Silence.

Louis – En fait, je me demande juste qui, à l’école ici, peut être déviant. Je pense que chacun a un truc dans sa sexualité… quelque chose qu’on ne pourrait pas imaginer en fait.

On pourra travailler, dans cette séquence, sur les visages des interlocuteurs de Louis.

Emmanuelle – Tu veux dire que ça te fait peur ?

Louis – Non pas tellement… Mais je me dis que ça existe. Par exemple, toi, Jeanne, tu as déjà eu des pratiques « annexes ».

Jeanne – « Annexes » ?

Un sauveur, qui les croise furtivement sans s’arrêter

Thomas – Salut Jeanne.

Jeanne tourne à demi et se retrouve dos à ses deux amis,

Jeanne – Heyyyy – (temps. Il est déjà loin) salut !

Pendant l’intervalle, alors qu’elle est encore de dos.

Emmanuelle – Jeanne n’a que des pratiques annexes.

Les deux, complices.

Jeanne, jouant sur les mots – Jeanne a des pratiques - connexes.

Louis – Très excitant… !

Jeanne, fière, tout sourire – En vérité, je vous le dis.

Le professeur, arrivant du couloir sans qu’on s’y attende, et entrant dans la salle – Que dit-on, mademoiselle Jeanne ?

Les cris de la mere

Ils vinrent encore. Ils réapparurent un soir. Les cris de la mère. Ils revinrent au détour du dîner. Chacun y avait ses habitudes : les uns s’abattaient, les autres se taisaient, les derniers essayaient tant bien que mal de faire cesser le combat à l’heure où, les affrontements ayant pris des allures trop sérieuses pour pouvoir être tout à fait sans conséquences, les parties se dépècent presque tout à fait. Si les cris de la mère venaient de l’isolement de la maladie, personne n’a jamais su le dire. Que cela en provint ou que des médicaments, rien n’était sûr. Qui eût pu ?  Le dîner fut incommode d’abord, l’entrée fut un peu repoussée, les pommes furent installées ensuite, deux les mordirent, s’arrachant presque la même, les poussant au vol pour que les spectateurs se jetassent à terre, ainsi qu’ils eurent essayé d’éviter quelque obus, pour ramasser l’acrimonie, les quelques pépins déjà croqués et la peau. 

Paris soleil

” J’avoue qu’il est de ces solitudes si belles qu’il faut se rappeler la misère de ceux qui y végètent et pourraient y vivre, pour souhaiter que la civilisation et la culture viennent en détruire la poésie”

George Sand, Histoire de ma vie

Paul Sérusier (1864-1927), L’averse, 1893, Huile sur toile, H. 73,5 ; L. 60 cm, © RMN (Musée d’Osay) / Hervé Lewandowski
Qu’on y vole sous cette pluie, rien d’étonnant…

Paul Sérusier (1864-1927), L’averse, 1893, Huile sur toile, H. 73,5 ; L. 60 cm, © RMN (Musée d’Osay) / Hervé Lewandowski

Qu’on y vole sous cette pluie, rien d’étonnant…

[Flash 10 is required to watch video]

Le cri. Dans l’auto.